La tradition vigneronne de l’Orb, c’est celle du pari sur la difficulté. Après la crise du phylloxéra, les paysans ont réinvesti les terrasses et montagnettes, y trouvant de nouvelles promesses là où la vigne endurait moins d’excès. C’est ainsi que la Grenache, cépage roi du Sud, a appris à s’ajuster à l’altitude : grappes plus petites, peaux plus épaisses, maturités plus tardives. Le Saint-Chinian Berlou, reconnu AOC en 2004, doit beaucoup à cette ténacité.
C’est aussi sur ces pentes que renaissent des variétés oubliées : l’Aramon noir, jamais en avance sur la plaine, profite à 400 m des nuits bleues, retrouvant une assise aromatique qu’il avait perdue sous la cagne. Les vignerons de la famille Boissezon-Guiraud, à Vieussan, ou la coopérative de Prades-sur-Orb racontent encore ces vendanges tardives où l’on guette l’aube pour récolter sous la fraîcheur, profitant de l’inertie délicate de la nuit.
L’altitude, c’est aussi le choix moderne d’un certain retour à la biodiversité : bosquets de genévriers, figuiers sauvages, ruchers et mares temporaires jalonnent aujourd’hui les hautes terrasses. Ces éléments freinent les excès thermiques, captent la rosée, et participent à la résistance naturelle des vignes face aux chaleurs futures (source : Association Syndicale de la Vallée de l’Orb).