Saint-Julien, village suspendu entre granite blanc et ruisseaux glacés, abrite quelques-unes des plus anciennes parcelles de Syrah et de Chenin du Parc. Le domaine de la Croix des Vents, par exemple, cultive ses vignes à plus de 400 mètres, là où la roche n’est séparée de la terre que par un manteau de sable grossier. Le vin blanc qui y naît explose sur des notes de citron jaune, de pierre mouillée, de tilleul – une verticalité qu’on trouve à l’aveugle face aux couples schistes-granite d’Alsace ou du Massif Armoricain.
À Vieussan, autre village perché, une poignée de vignerons réveillent de vieux Carignans plantés dans la veine granitique du « Pech de la Barthe ». Leurs rouges, loin des standards sudistes, oscillent entre nervosité, finesse et salinité. Loin des tanins massifs de l’Aude ou de l’Hérault oriental, ici la bouche prolonge le terroir : du nerf, de l’ampleur, peu d’alcool, un goût vibrant, presque racé.
Les anciens, ici, ne parlaient pas de « tension », mais de « vins francs », « pas mous », « qui donnent soif ». Une précision rustique que beaucoup de sommeliers redécouvrent aujourd’hui, séduits par la fraîcheur et la buvabilité de ces crus haut-perchés.