Juin s’allume d’un vert vif. La vigne pousse en jets fougueux : feuillage exubérant, grappes encore dures, sarments fouettés par l’air chaud. C’est le temps de l’effeuillage et du relevage : on aère la future récolte, on l’expose au soleil, on limite les foyers d’humidité potentiellement fatals.
L’été languedocien garde sa part de combat. Alors que le thermomètre s’envole, l’eau se fait rare. Sur les cailloutis de Berlou ou les pentes de Roquebrun, la vigne lutte : son enracinement profond fait sa force. On raconte que certains vieux carignans, plantés au sortir de la guerre, vont chercher la nappe à plus de 10 mètres sous le schiste (Source : domaines locaux, témoignages récoltés).
Juillet-août donne la véraison : les premières baies rougissent (pour les rouges) ou dorent (pour les blancs), le fruit se charge en sucre, la maturité s’approche. Cette étape, que les anciens appelaient « l’embellie », annonce la bascule : il reste alors six à huit semaines avant les vendanges. On vérifie l’état sanitaire, on surveille les ravageurs (ver de la grappe, cicadelle, etc.), on redoute parfois le feu du soleil, plus rarement l’orage court mais violent.
C’est aussi le temps des visites, nombreux sont les promeneurs passionnés qui arpentent les drailles et les sentiers du Haut-Languedoc, s’arrêtant aux casots – ces cabanes en pierres sèches, souvenirs vivants d’un âge où chaque lopin comptait.