Sur les pentes de la Vernazobre, Jean-Michel, vigneron installé sur moins de 7 hectares de vignes depuis 2016, raconte avoir d’abord tâté du « vin bio conventionnel » avant de franchir le pas : « La vigne ici souffre si on la force. Les machines, les intrants : tout me paraissait contre-nature. Quand j’ai goûté un vieux carignan de 1928, sans chimie, sans rien, j’ai compris que le vin devait être comme la pierre, franc, solide, parfois un peu rugueux mais sincère… »
Autre témoignage, celui de Carole, jeune œnologue revenue au pays après une expérience bordelaise : « J’ai choisi Vieussan car j’y ai vu des vignes sur des éboulis, des murs à sec, une vie de village encore vraie. En cave naturelle, il faut accepter de faire peu, mais bien. C’est un engagement. Nos clients aiment ce côté brut, transparent, presque sauvage. »
Dans la cave coopérative historique, quelques anciens rappellent qu’il y a cinquante ans, les traitements étaient limités faute de moyens : le soufre, la bouillie bordelaise, et pas beaucoup plus. « On n’avait pas le choix. Aujourd’hui, c’est devenu un choix politique, presque philosophique, de ne rien rajouter. »